Cycle

On n'enchaîne pas les volcans #1


samedi 8 avril 2017 - 17h00
Centre international de poésie marseille - cipM

En présence des réalisateurs  Marie Alberto Jeanjacques et Stéphane Sinde

Déployée sur deux périodes, printemps et automne, cette programmation autour du « portrait », dans le sens le plus ouvert du terme, est dans un premier temps consacrée à des intellectuels et des artistes indomptés. La deuxième partie s’intéressera pour sa part aux trajectoires de gens « ordinaires », de fait moins visibles, qui ne se résignent pas à l’ordre commun ni à l’accablement.


#1 

« S’il en reste une, c’est la foudre » de Marie Alberto Jeanjacques, 37’, 2016, France

Correspondance filmée avec Annie Le Brun, poète et essayiste contemporain. Ce film tisse, sur les paysages qui m’ont constituée, lieux de la limite, du bord, du bout, les trajets me reliant à elle et à ses imaginaires littéraires : la révolte amoureuse, l’utilité de la désertion des rôles qui nous sont attribués et le lyrisme comme dernier rempart face à la mort.

La projection sera suivie d'une rencontre avec la réalisatrice Marie Alberto Jeanjacques

« Devenir-Ange » de Stéphane Sinde, 54’, 2009, France

N’avez-vous jamais lu la poésie mystique de Christian Guez-Ricord, personnage fantôme de la littérature française, mort par oubli de soi un jour de juin 1988. Oui ? Non ? Ceci est son portrait. Pas une hagiographie ourdie par complaisance idéologique ou culturelle, mais la mise en scène imaginaire d’un "monde", celui d’un erratisme spirituel lié à une vie compulsive, à des croyances (religieuses) et à la maladie (la schizophrénie). Prenez ce film pour une variation esthétique et acclimatez-vous à l’horizon d’un langage et au récit d’une vie intérieure.

La projection sera suivie d'une rencontre avec le réalisateur Stéphane Sinde

En partenariat avec le cipM, centre international de poésie Marseille

 

Annie Le Brun (essayiste, spécialiste de Sade), Christian Gabrielle Guez Ricord (poète), Barney Wilen et Jacques Thollot (musiciens) ont  toujours refusé, chacun dans leur domaine, de se plier à des schémas de pensée et à des formes de vie préfabriqués. Non par posture, hautaine ou glorieuse, mais par nécessité – certains d’entre eux y auront en effet incendié leur vie. Les mots et le langage ; les sons et la musique ; la métrique et la grille ; l’utopie et le rêve ; l’aventure et le désir : il s’agit dans tous les cas de fendre la carapace de la réalité en misant sur les forces de l’imaginaire. D’atteindre à des intensités et des profondeurs que nos modèles de sociétés cherchent à cadenasser en les enfermant dans des boîtes bien répertoriées, sagement rangées.

Les films de ces deux séances ne sont donc pas des portraits « augmentés » ou « héroïques», ces plaies de nos sociétés contemporaines. Mais plutôt des rencontres « diminuées », c'est-à-dire ouvertes à l'indétermination, au trouble, au négatif, à l’inconnu - autant pour le réalisateur que pour le spectateur. Des œuvres qui sont aussi des histoires de vie, parfois cabossées mais libres.

Ne pas se soumettre....  Comme le formule justement le critique de jazz Francis Marmande à propos du funambule Jacques Thollot, c’est la  « dimension de l’être » - cette part en nous non réconciliée et de plus en plus contrainte – qui est ici mise en avant. Avec une variété de formes cinématographiques (expérimentales, documentaires, sonores) et de registres (essai, correspondance, poésie) qui résistent à l’uniformisation accélérée, esthétique autant que politique, du monde.