Evénements

Afrique, en toutes indépendances #2


Du vendredi 20 janvier 2012 - 19h00
Au samedi 21 janvier 2012 - 22h30
Le Polygone Etoilé

Entrée libre - bar et repas sur place

 

Initiée il y a un an, notre rencontre avec le cinéma d’Afrique subsaharienne se poursuit avec le désir d’en partager les premiers films, il y a une cinquantaine d’années, après les Indépendances. Découvrir ensemble les créations et les questionnements fondateurs sur le cinéma et le monde tel qu’ils allaient sur ce continent dans les années 60. C’est bien dans des conditions de réalisation et de diffusion difficiles, qu’apparaissent ces films qui expriment la réalité d’une vie construite dans la colonisation, déchirée et mélangée entre des cultures africaines et occidentales, à la recherche d’une identité nouvelle.

Entre rêve et réalité, métissage et désillusion, réécriture et création, les cinéastes, tout comme leurs personnages, cherchent leur place dans le monde, celui de leur pays d’Afrique lié à la France, celui du cinéma, formés à Moscou, à Paris ... mais imprégnés d’Hollywood aussi. Car c’est leur existence en toute indépendance qui est en jeu dans ces films et ces regards croisés que nous vous invitons à partager.

 

Vendredi 20 janvier 2012 / 19h

Afrique sur Seine de Robert Caristan, Jacques Mélo Kane, Mamadou Sarr, Paulin Soumanou Vieyra (Sénégal-France, 1955, 21 min)

La noire de … de Sembène Ousmane (Sénégal,1966, 65 min )

Lectures du Cabinet des lecteurs de textes de Sembène Ousmane

 

Samedi 21 janvier 2012 / 19h

En présence de Catherine Ruellejournaliste (RFI) et critique de cinéma.

Le retour d'un aventurier de Moustapha Alassane (Niger,1966, 34 min)

Touki Bouki de Djibril Diop Mambety (Sénégal, 1973, 88 min, Wolof avec sous-titres français)

 

Ces deux projections ont été rendues possibles par la Cinémathèque afrique et Cineteca del Comune di Bologna qui nous ont prêté les copies des films. 

 

 



Vendredi 20 janvier à partir de 19h

 

Afrique sur Seine de Robert Caristan, Jacques Mélo Kane, Mamadou Sarr, Paulin Soumanou Vieyra

(Sénégal-France, 1955, 21 min)

 

 

La jeunesse africaine entre-aperçue sur les bords de la Seine ou au Quartier latin, dans le Paris des années 50. Interrogations d'une génération d'artistes et d'étudiants à la recherche de leur identité et de leur avenir.

Robert CARISTAN Guyane Française  - Cadreur

Filmographie
Procès de Jeanne d'Arc / Trial of Joan of Arc (Robert BRESSON, 1962)
> cadreur / camera operator
Le signe du lion / The Sign of Leo (Eric ROHMER, 1959)
> 2ème Assistant cadreur / second assistant operator
Afrique sur Seine, réalisé par Paulin Soumanou VIEYRA, Jacques Mélo KANE, Mamadou SARR et Robert CARISTAN - Sénégal - 1955 - 

Paulin Soumanou VIEYRA est né le 31 Janvier 1925 à Porto Novo, au Dahomey (actuel Bénin) qu'il quitte à l'âge de 10 ans. Il décéde le 04 Novembre 1987 à Paris, en France d'une crise cardiaque. Premier négro-africain à faire des études de cinéma, il fut formé à l'IDHEC (Institut des hautes Etudes Cinématographiques, Paris, actuel FEMIS), dont il sort en 1954. Il fut directeur du Service des Actualités Cinématographiques du Sénégal (et de la Fédération du Mali). Il se marie en avril 1961 avec la romancière et poète guadeloupéenne Myriam WARNER VIEYRA (Le Quimboiseur l'avait dit... , Paris/Dakar : Présence Africaine, 1980, roman ; Juletane, Paris/Dakar : Présence Africaine, 1982, roman, Femmes échouées, Paris/Dakar : Présence Africaine, 1988, recueil de nouvelles).

En 1982, il accède au grade de Docteur de la Sorbonne (sous la direction de Jean Rouch), avec sa thèse intitulée À la recherche du cinéma africain, Université de Paris 1. Il a été directeur de production de plusieurs films de SEMBENE Ousmane : TAUW (1970), CEDDO (1976), XALA (1974), MANDABI (1968).

 

Lectures du Cabinet des lecteurs

 

La noire de … de Sembène Ousmane

(Sénégal – 1966 - 65 min ) - projection en 16 mm

 

 

L’histoire de Diouana, jeune fille engagée par un couple de coopérants comme bonne pendant leur congé en France. Elle part pour Antibes pleine d’illusions. Isolée, elle finira par commettre un acte définitif.

La Noire de... est tiré de Voltaïque, un recueil de nouvelles écrites par Sembène Ousmane. Ce sujet est basé sur un fait divers survenu en 1958 sur la Côte d’Azur et dont Sembène prit connaissance dans Nice Matin.

 

Sembène Ousmane, écrivain cinéaste, est né à Ziguinchor au sud du Sénégal en  1923. Tour à tour pêcheur, maçon, mécanicien automobile, tirailleur sénégalais, docker puis responsable syndicale CGT à Marseille, il s'intéresse à la littérature africaine. Une passion qui le conduira à écrire des romans à partir de 1956. En 1959, il revient au Sénégal et fait le tour du continent africain. Agé de 40 ans, c'est à Moscou qu'il étudie le cinéma avec Marc Donskoï et Sergueï Gherassimov. Dès 1962, il réalise des courts métrages. En 1966, son premier long métrage "La noire de..." le fait entrer dans la catégorie des réalisateurs politiquement et socialement engagés. Georges Sadoul écrit : "Grâce à Sembene Ousmane, le continent noir a pris enfin place dans l'histoire du cinéma mondial". il est dédédé en 2007 à Dakar (Sénégal)

Filmographie

1962- Borom Sarret
1963- L'empire songhay
1964- Niaye
1966- La noire de...
1968- Mandabi
1969- Traumatisme de la femme face à la polygamie
1969- Les dérives du chômage
1970- Taaw
1971- Emitaï
1972- L'Afrique aux olympiades, Basket africain aux J.O de Munich RFA
1975- Xala
1977- Ceddo
1987- Camp de Thiaroye
1992- Guelwaar
1999 - Heroisme au Quotidien
2000- Faat-Kiné
2004- Mooladé

 


Samedi 21 janvier à partir de 19h

Le retour d'un aventurier de Moustapha Alassane

(Niger,1966, 34 min)

 

Jimmy, de retour d'un voyage aux États-Unis, revient dans son village au Niger. Il rapporte en cadeau à ses amis des panoplies complètes de cow-boys du Far West. Ainsi habillés de mythologie américaine, ils ne s'appellent plus Kali, Ibrahim ou Boubakar, mais Black Cooper, James Kelly, Casse-Tout ou encore Reine Christine. Et, à l'instar de ce qu'ils imaginent être une vraie bande de cow-boys, ils vont mettre à sac la région, provoquant la colère des villageois.


Mécanicien, autodidacte, le Nigérien Mustapha Alassane, né à N'Dongou en  1942, a découvert le cinéma avec Jean Rouch, avant de faire ses classes dans l'animation à l'ONF (Office National du Film), au Canada, avec Claude Jutra et Norman Mac Laren. La Bague du roi Koda (1962) et La Mort de Gandji (1965), sont les deux premiers dessins animés de l'histoire du cinéma africain. Parmi ses films les plus importants, on peut citer ses longs métrages : FVVA : Femmes, Villa, Voiture, Argent (1972), satire de la "réussite sociale" et du machisme africain et Toula, ou le génie des eaux, évocation d'une légende ancienne qui lui permet d'aborder le drame de la sécheresse. Il n'a par ailleurs jamais céssé de réaliser des films d'animation.

Touki Bouki de Djibril Diop Mambety

(Sénégal, 1973, 88 min, Wolof avec sous-titres français)




 

 
 
 
 
 
 
 

Restauré en 2008 par la World Cinema Foundation au Cineteca di Bologna / L'Immagine Ritrovata laboratoire.

 

A Dakar, un berger et une étudiante rêvent de se rendre à Paris. Tous les moyens sont bons pour se procurer l'argent du voyage. Le jeune couple partira-t-il?

Entre désir d'évasion et peur du changement, TOUKI BOUKI (le voyage de la hyène) invite au voyage immobile et au rêve éveillé.

Pour aller + loin

 

Djibril Diop Mambéty est né en 1945 à Colobane prèS de Dakar. Il étudie tout d'abord l'histoire de l'art et le théâtre à Dakar, puis joue dans plusieurs productions et pièces de théâtre italiennes et sénégalaises. En 1969, il tourne son premier court métrage, "Contras? City", un documentaire sur la ville de Dakar, suivi en 1970 par "Badou Boy", un moyen métrage humoristique relatant une course poursuite entre un jeune des rues et un policier. Touki Bouki fut montré à Cannes en 1973 et reçut le prix de la critique internationale à Moscou. Après "Parlons Grand-mère" (1989), qui documente le tournage de "Yaaba" par Idrissa Ouedraogos, il réalise en 1992 "Hyènes" d'après l'oeuvre de Dürrenmatt "La visite de la vieille dame". Le Franc (1994) et La petite vendeuse de soleil (1999) constituent les deux premières parties de la trilogie inachevée Histoires de petites gens. Djibril Diop Mambéty est décédé le 23 Juillet 1998 avant d'avoir terminé le tournage. 

Filmographie: 
Contras' City, 1969 (court métrage) 
Badou Boy, 1970 (moyen métrage) 
Touki Bouki,1973 
Parlons Grand-mère, 1989 (court métrage) 
Hyènes, 1992 
Le Franc, 1994 (moyen métrage) 
La petite vendeuse de soleil, 1999 (moyen métrage)