Rencontre littéraire

Emmanuel Goujon


vendredi 19 octobre 2007 - 19h00
Librairie Paidos

 

Peuple et Culture Marseille accueille, dans le cadre de Lire en Fête et avec le soutien du CNL et du Ministère de la Culture/ DDAI

« un éditeur/ un auteur »

Carte blanche aux Editions Vents d’ailleurs et à Emmanuel Goujon

à l'occasion de sa présence exceptionnelle en France et pour la publication de son premier roman, Alex et son double


Emmanuel Goujon réside en Ethiopie. Intellectuel et homme de terrain, d'un engagement impressionnant, il est journaliste- reporter et a notamment publié Espérance et autres nouvelles du génocide rwandais (Hatier), ainsi que Depuis le 11 septembre (Gallimard).

Peuple et Culture Marseille a déjà eu le plaisir d’accueillir Vents d’ailleurs à l’occasion de sa « Semaine des littératures insulaires » en juin 2007, manifestation organisée en collaboration avec l’association Lectures du Monde qui a elle-même accueilli cet éditeur à plusieurs reprises ces dernières années. C’est dire que nous soutenons ensemble ce travail singulier et remarquable d’un éditeur en région, auquel nous avons donné carte blanche pour cette soirée à la Librairie Païdos, autre lieu partenaire dont l’engagement dans la vie intellectuelle et culturelle marseillaise n’est plus à démontrer.

Vents d’ailleurs a ainsi choisi d’inviter Emmanuel Goujon dont il vient de publier le premier roman,  Alex et son double.


Vents d’ailleurs est un éditeur indépendant qui publie de la littérature, des livres jeunesse (fiction et documentaire) et des livres d’art. Créé à Fort-de-France, actuellement installé dans le Sud de la France, sa production tente d’établir des passerelles entre le lectorat du Nord et les modes d’expressions artistiques et littéraires du Sud. Sa politique éditoriale bouscule les idées reçues de la vision de l'autre au travers du prisme des cultures dominantes, et contredit les imaginaires familiers. Elle se construit sur la méfiance d’une approche évidente de la racialité. 

Ouvrage après ouvrage, Jutta Hepke et Gilles Colleu combattent les représentations méprisantes et simplistes, et s’appuient sur la conviction qu’une nouvelle écriture de l’histoire des peuples est une nécessité absolue.

Reconnu pour la qualité de sa production éditoriale et sa ligne graphique originale, Vents d’ailleurs établit aussi des partenariats avec des éditeurs du Sud, est membre de l’Alliance des éditeurs indépendants et de l'association Éditeurs sans frontières. Distribué en Haïti par Communication Plus et au Canada par Dimedia, Vents d'ailleurs est signataire de la Déclaration des éditeurs indépendants du monde latin signée par 70 éditeurs venus de 23 pays, réunis en novembre 2005 à l’occasion de la rencontre « Les éditeurs indépendants du monde latin et la bibliodiversité », organisée par l’Union latine, l’Alliance des éditeurs indépendants, et le Centre Régional pour la promotion du livre en Amérique latine et dans la Caraïbe (CERLALC), dans le cadre de la Foire internationale du Livre de Guadalajara au Mexique.


Emmanuel Goujon

Originaire de la Martinique et né à Paris, il est issu d’une double culture. Diplômé de l’Institut des études politiques, il est journaliste par passion et se déplace plus particulièrement là où les médias français sont peu présents. D’abord freelance pour plusieurs médias (Marchés tropicaux, RFI, RFO-AITV), ses pérégrinations le conduisent en Angola où il découvre les ravages de la guerre. Il se rend au Cabinda, en Érythrée, en Éthiopie, au Mexique, en Amérique centrale, puis, plus proches des Caraïbes, à Belize, au Guatemala, à Cuba, ainsi qu’à New York et Washington. Il reste particulièrement attaché au Mexique et à l’Éthiopie. 

En 1998, l’Agence France Presse lui propose de prendre le poste de correspondant pour la région des Grands Lacs basé à Kigali. Il accepte sans hésitation et plonge dans la douleur du génocide de 1994, encore très présente, avec son million de morts. Inspiré par ses rencontres et les témoignages de survivants, il écrit Espérance, et autres nouvelles du génocide rwandais. Pendant trois ans, il couvre pour l’AFP et la BBC la fin de la guerre civile au Rwanda et au Burundi ainsi que la rébellion en République démocratique du Congo. La guerre devient une de ses « spécialités » bien qu’il réfute le qualificatif de « correspondant de guerre » alors qu’il a jusqu’à présent couvert une dizaine de conflits africains. En 2001, il part pour la Côte d’Ivoire. Il est à Abidjan quand s’écroulent les tours jumelles du World Trade Center de New York. Pendant 48 heures il confie qu’il n’a pas quitté son écran de TV branché sur CNN. En quelques jours il écrit Depuis le 11 septembre, une réflexion- récit sur le prix d’une vie humaine, l’arrogance de l’administration Bush, et sur la différence fondamentale de définition entre mondialisation et globalisation.

Peu après son arrivée, et sans lien de cause à effet, le pays sombre dans la pire crise de son histoire. Emmanuel Goujon est l’un des seuls journalistes à rester dans Bouaké, capitale de la rébellion, juste après son occupation par les rebelles. Correspondant régional pour l’AFP et la BBC, il couvre également le déploiement des premiers casques bleus dans les territoires du Front Révolutionnaire Uni (RUF) en Sierra Leone. Alors que le conflit se calme en Côte d’Ivoire, la guerre fait rage au Liberia. Il fait de nombreux voyages dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest fondé à la fin du XIXe siècle par des esclaves américains affranchis. Il est l’un des rares journalistes occidentaux à se rendre dans les territoires tenus par les rebelles du LURD. Il est à Monrovia de mai à août 2004 pendant le siège de la ville, témoigne sur les civils victimes des bombardements, se rend sur le front et assiste au départ de Charles Taylor. Avec son ami Paul Comiti il tourne un film de 26 minutes sur ces combats, pour lequel ils obtiennent le 1er prix du Grand reportage d’actualité du Touquet. Le Liberia lui inspire par ailleurs la nouvelle « Les Déchaînés ».

Après l’assassinat en Côte d’Ivoire de son collègue Jean Hélène, l’AFP et RFI décident de relocaliser Emmanuel Goujon à Lagos, capitale économique du Nigeria. En 2006 il quitte enfin le Nigeria pour l’Éthiopie où il vit aujourd’hui. Il est chargé de la Corne de l’Afrique et de l’Union africaine. Il a couvert dernièrement la guerre en Somalie après l’intervention éthiopienne, « avec toujours à l’esprit ce même désir qu’il y a presque dix ans : être un témoin des souffrances et des lueurs d’espoir », dit-il. 

Le livre

Alex, baroudeur, arpenteur des vastes contrées du monde et écrivain sans lecteur, n’arrive pas à mourir. Les siècles passent, le trépas lui est refusé, le temps et la solitude lui pèsent. Jusqu’à ce qu’il rencontre un personnage tout droit sorti du paradis :  Alexandre Dumas. Entouré d’anges, celui-ci s’ennuie ferme et préfère rejoindre la Terre, missionné par saint Pierre, afin de comprendre la raison de l’immortalité d’Alex.  Toujours en mouvement, ils parcourent le monde ensemble, du Mexique au Congo-Kinshasa en passant par le Cabinda en quête de la solution à cette énigme. 

C’est en lisant le manuscrit d’Alex, où le mage Taram Uram des Terres Arides traverse le temps, que Dumas finit par trouver un indice… 

 

Emmanuel Goujon  livre ici son premier roman nourri de ses expériences riches en beauté et en horreur. Dans une ambiance toute latino-américaine, l’histoire aux multiples rebondissements propose une cavalcade à travers le monde à la recherche de bonnes bagarres, de belles femmes, de l’amitié et de l’amour. Alex et son double se lit comme coule la vie, roman d’aventure, conte philosophique merveilleux qui fait traverser le monde et voyager en soi.