Cycle

On n'enchaîne pas les volcans #2


dimanche 9 avril 2017 - 18h00
Le Polygone Etoilé

En présence du réalisateur Stéphane Sinde

Déployée sur deux périodes, printemps et automne, cette programmation autour du « portrait », dans le sens le plus ouvert du terme, est dans un premier temps consacrée à des intellectuels et des artistes indomptés. La deuxième partie s’intéressera pour sa part aux trajectoires de gens « ordinaires », de fait moins visibles, qui ne se résignent pas à l’ordre commun ni à l’accablement.


#2 

« Barney Wilen, The rest of your life » de Stéphane Sinde, 54’, 2006, France

Une évocation de la vie et de l'œuvre du saxophoniste Barney Wilen, musicien mythique ayant joué à dix-huit ans aux côtés de Miles Davis, et que beaucoup qualifièrent de "plus grand saxophoniste européen". Exilé à Zanzibar dans les années soixante-dix auprès d'une aristocrate déchue, héros de la bande dessinée culte de Loustal, "La Note bleue", Barney Wilen fut aussi célèbre pour ses brillantes apparitions que pour ses disparitions inexpliquées. Sous forme d'essai cinématographique, ce film reconstitue un parcours de vie mystérieux, foisonnant, tout en questionnant la part de mythe du personnage.

« Fay ce que vouldras » de Stéphane Sinde, 60’, 2012, France

Musicien précoce, Jacques Thollot a marqué l'histoire de la musique improvisée en France. Aujourd'hui, après un long silence, il doit préparer un nouvel album produit par Jean Rochard. Je suis désigné pour faire un film à partir de sa création, mais rien ne se passe. Thollot n'est pas prêt. N'en pouvant plus d'attendre, je décide d'aller chez lui le provoquer. Commence alors la tentative un peu déviante de faire son portrait avec lui, ou malgré lui…

Les projections seront suivies d'une rencontre avec le réalisateur Stéphane Sinde

En partenariat avec le Polygone Etoilé

 

Annie Le Brun (essayiste, spécialiste de Sade), Christian Gabrielle Guez Ricord (poète), Barney Wilen et Jacques Thollot (musiciens) ont  toujours refusé, chacun dans leur domaine, de se plier à des schémas de pensée et à des formes de vie préfabriqués. Non par posture, hautaine ou glorieuse, mais bien par nécessité – certains d’entre eux y auront en effet incendié leur vie. Les mots et le langage ; les sons et la musique ; la métrique et la grille ; l’utopie et le rêve ; l’aventure et le désir : il s’agit dans tous les cas de fendre la carapace de la réalité en misant sur les forces de l’imaginaire. D’atteindre à des intensités et des profondeurs que nos modèles de sociétés cherchent à cadenasser en les enfermant dans des boîtes bien répertoriées, sagement rangées.

Les films de ces deux séances ne sont donc pas des portraits « augmentés » ou « héroïques», ces plaies de nos sociétés contemporaines. Mais plutôt des rencontres « diminuées », c'est-à-dire ouvertes à l'indétermination, au trouble, au négatif, à l’inconnu - autant pour le réalisateur que pour le spectateur. Des œuvres qui sont aussi des histoires de vie, parfois cabossées mais libres.

Ne pas se soumettre....  Comme le formule justement le critique de jazz Francis Marmande à propos du funambule Jacques Thollot, c’est la  « dimension de l’être » - cette part en nous non réconciliée et de plus en plus contrainte – qui est ici mise en avant. Avec une variété de formes cinématographiques (expérimentales, documentaires, sonores) et de registres (essai, correspondance, poésie) qui résistent à l’uniformisation accélérée, esthétique autant que politique, du monde.